L’Espagnol, en difficulté en milieu et sortie de virage lors de la course en Catalogne, a axé son travail en conséquence lors de la journée d’essais lundi.

Dani Pedrosa n’est pas du genre rancunier. Moins de deux semaines après l’annonce de son départ en fin de saison de chez Repsol Honda, équipe avec laquelle il a jusqu’ici effectué l’intégralité de sa carrière en MotoGP, le Catalan a abattu beaucoup de travail lundi, lors de la journée d’essais post-course à Montmeló.

Auteur de 77 tours, le numéro 26 a limé le bitume selon ses propres dires de 10h à 18h, essuyant à l’occasion une chute sans conséquence, mais preuve de son engagement et de sa volonté de poursuivre le travail jusqu’au bout sur la RC213V.

Il est vrai que ces tests qui surviennent dans la foulée des week-ends de course sont bien souvent riches d’enseignements, alors que les équipes ont pu juger justement de leurs points forts et surtout de leurs points faibles lors des Grands Prix en question.

Une lacune décelée en course

Interrogé dimanche après la course sur ce qui l’avait empêché de faire mieux qu’une cinquième place lors de l’épreuve catalane, Pedrosa semblait en effet déjà en avoir une idée claire. Celui-ci, qui a bataillé en course avec un autre pilote Honda, Cal Crutchlow, avait ainsi pu identifier une faiblesse au niveau du comportement en virage de sa machine, au-delà d’un manque de puissance générale.

“J’ai pu entendre son moteur [celui de Crutchlow] plusieurs fois, et il se rapprochait de moi dans les lignes droites”, a-t-il alors expliqué. “Donc ce que je peux dire c’est que je n’étais pas aussi rapide dans les virages, et pas aussi rapide en sortie de virage,  je le bloquais un peu à ce moment-là. Mais j’étais toujours plus fort sur les freins. La façon d’utiliser le grip arrière est donc différente.”

Si l’Espagnol est parvenu à intégrer le top 5 en course, il avait cependant autrement plus souffert le samedi lors des qualifications, lorsqu’il n’avait pas pu faire mieux que la 11e place, très loin de sa pole position obtenue l’an passé.

“Je pense que c’est quelque chose sur quoi nous devons travailler [les sorties de virage], parce que c’est une des raisons, selon moi, qui explique que j’ai été en difficulté lors des qualifications avec le pneu neuf”, a-t-il confirmé. “Donc si nous pouvons changer un peu la façon d’entrer dans le virage, cela peut aider à mieux utiliser le grip en milieu et en sortie.”

Pedrosa a donc mis à profit la journée d’essais de lundi pour non seulement travailler sur la géométrie de sa machine, mais aussi et surtout améliorer la tenue de la Honda dans les virages. “J’ai surtout cherché à trouver des gains dans les virages”, expliquait-il ainsi lundi soir. “Je pense que nous avons trouvé de petites choses sur un ou deux points.”

Septième de cette journée de tests, l’Ibère préfère cependant prendre ces bonnes sensations et ce classement honorable avec des pincettes, conscient que la versatilité des températures lundi a pu brouiller les cartes.

“Les températures ont augmenté en milieu de journée et les temps au tour sont devenus étranges, avant de redevenir meilleurs en fin de journée”, décrit-il. “Il faut donc que nous gardions les pieds sur terre pour les résultats d’aujourd’hui. Nous pouvons faire encore mieux. Aujourd’hui nous avons utilisé principalement le tendre à l’arrière, alors que durant la course nous avions opté pour un pneu medium. Nous avons changé la moto pour qu’elle puisse utiliser le tendre sur une plus longue période, comme tous les autres arrivent à le faire.”

Il reste donc à voir si l’important travail réalisé en Catalogne portera ses fruits lors de la prochaine manche, à Assen, et permettra à Pedrosa de débuter la course à une position plus avancée sur la grille.