Avec le retrait de la compétition de Dani Pedrosa fin novembre dernier, c’est le pilote le plus léger du MotoGP qui a quitté le plateau. Avec du recul, on est en droit de se poser la question si un tel poids plume a pu avoir un impact sur ses performances et, in fine, son palmarès.

Détenteur de 31 victoires, le numéro 26 n’a cependant jamais réussi à aller chercher le Graal, en dépit de trois places de dauphin au cours de son passage dans la catégorie reine (en 2007, 2010 et 2012).

Lire aussi :

Le gain de poids ne fait pas tout chez le pilote

La loi des machines n’est en effet pas forcément celle des hommes. Si la chasse à la moindre masse superflue est la règle sur les motos dans une discipline d’un niveau de compétitivité tel que le MotoGP, elle peut cependant avoir des effets négatifs sur un pilote.

C’est en tout cas ce que rétorquent la plupart des intéressés, qui arguent que d’éventuels lests appliqués aux pilotes les plus légers de la catégorie ne seraient pas nécessairement une garantie d’une meilleure équité entre les différents concurrents.

“Les pilotes pensent qu’il y a des avantages mais aussi des inconvénients à être très léger”, avance ainsi Lin Jarvis, le patron du Yamaha Factory Racing. “Car, certes, vous avez plus de vitesse de pointe mais d’un autre côté c’est difficile de manœuvrer la moto.”

Le contre-exemple Petrucci

Un avis qu’il est facile d’étayer en prenant le contre-exemple de Pedrosa, à savoir Danilo Petrucci, l’un des pilotes les plus lourds sur la grille, et qui ne semble pourtant pas souffrir outre-mesure de cette surcharge au moment d’aller chercher un résultat.

“Il a été capable de monter sur le podium et même de se battre pour des victoires en course malgré ce surpoids”, souligne ainsi Paolo Ciabatti, le directeur sportif de Ducati Corse et nouvel employeur du transalpin. “Mon opinion, c’est qu’il n’y a pas besoin d’apporter la moindre modification à la réglementation.”

Lire aussi :

Mais qu’en pense le principal concerné ? Que son poids constitue la plupart du temps un inconvénient plus qu’un avantage. Combinée à son pilotage réputé agressif, sa masse entraînerait notamment une dégradation prématurée des pneumatiques.

“Sur certains circuits, il y a des portions sur lesquelles j’ai un petit avantage”, commence Petrucci, nouvelle recrue de l’équipe officielle Ducati. “Mais je pense que le pourcentage sur l’ensemble du championnat est de 20% en ma faveur et 80% ou quelque chose comme ça dans l’autre sens. Particulièrement lorsqu’il fait chaud, où j’ai un grand désavantage.”

Peser le pour et le contre

Le fait d’être léger ou lourd peut donc offrir à la fois des avantages et des inconvénients, de quoi battre en brèche l’idée de l’instauration de lests pour mettre les pilotes sur un pied d’égalité.

Le meilleur résumé de la situation nous est sans doute donné par Jorge Lorenzo : “En MotoGP, avec tant de puissance, vous avez des avantages et des désavantages”, confirme ainsi le Majorquin. “Si vous êtes très léger comme Dani, vous pouvez aller plus vite dans les lignes droites, mais vous allez aussi avoir beaucoup de problèmes au freinage, à l’accélération ainsi que dans les changements de direction. Si vous êtes lourd comme Petrucci, vous pouvez aller plus lentement dans les lignes droites, mais vous allez aussi avoir des bénéfices sous la pluie, pour chauffer les pneus.”

La réglementation actuelle n’impose pas de lests aux pilotes, mais énonce simplement que la masse totale d’une MotoGP ne peut être abaissée en dessous de 157 kg pour une cylindrée comprise, comme le veut la donne actuelle, entre 801cc et 1000cc.

Avec Léna Buffa