Les débuts de Danilo Petrucci avec l’équipe officielle Ducati auront finalement été occultés par la victoire de son coéquipier Andrea Dovizioso, mais son résultat à l’issue de la course dimanche n’en reste pas moins honorable. L’Italien a en effet obtenu la sixième place, quelque peu décroché du groupe de tête, il est vrai, à plus de deux secondes du vainqueur, mais pour sa première avec la structure factory de Borgo Panigale, celui-ci a réussi à rendre une copie propre.

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Petrucci estime néanmoins s’être fait piéger par l’évolution des conditions de piste, privilégiant le pneu tendre à l’avant et à l’arrière de sa machine face à la chute du mercure peu de temps avant le départ de la course. Une décision qu’il allait payer cher par la suite, comme cela avait déjà été le cas d’ailleurs l’an passé, où il avait commis la même erreur. “L’an dernier j’avais manqué le podium parce que j’avais utilisé le pneu soft à l’avant, et cette année ça a été pareil. Peut-être que l’année prochaine je retiendrai la leçon !” a-t-il regretté à l’issue de l’épreuve.

“Je ne suis pas si stupide”, poursuivait-il cependant pour justifier son choix. “On a vu à 19h30 que les températures ont baissé. À 19h45, quand on a choisi les pneus, la température avait baissé, mais le problème c’est qu’au final c’est resté stable, pas comme hier [samedi] où ça a continué à baisser et que l’humidité a grimpé. Aujourd’hui, il n’y avait pas d’humidité.”

Ainsi chaussé, et alors qu’il s’était qualifié septième, Petrucci a d’abord fait les frais d’un mauvais départ qui l’a vu rétrograder jusqu’au dixième rang dans les premiers instants de la course. À force de cravacher, il est parvenu à intégrer le trio de tête à la mi-course, néanmoins ses efforts lui on ensuite coûté cher et il a vite perdu des places jusqu’à redescendre au sixième rang.

“Le fait d’être aussi mal parti et d’avoir dû revenir, je l’ai probablement payé dans les deux derniers tours car j’avais très peu de gomme à l’arrière”, avoue-t-il au micro de DAZN. “Mais au moins j’ai essayé de courir avec les soft, j’ai eu le courage de tenter une sorte de pari !”

Une trop faible vitesse de pointe

Danilo Petrucci, Ducati Team, Alex Rins, Team Suzuki MotoGP

Les efforts du numéro 9 pour grappiller des places dans le peloton ont par ailleurs été compliqués par ses difficultés à dépasser ses adversaires, alors que lui-même subissait leurs attaques. Il s’étonnait d’avoir été handicapé par une plus faible vitesse de pointe de sa machine, ce qui a contribué à gêner sa remontée.

“Le problème c’est que ça n’a pas été une course rapide et je suis mal parti. Je suis revenu parce que devant ils ne poussaient pas très fort, mais moi j’avais du mal à dépasser. Et surtout il va falloir qu’on analyse pourquoi j’étais aussi lent en ligne droite par rapport aux autres, au point que je subissais tous les dépassements dans la ligne droite et le premier virage”, résume le pilote italien.

“Je devais me défendre à chaque fois dans le virage 1. Je devais donc rattraper tout cela en sortie de virage, mais en fin de course il ne me restait plus de pneu à l’arrière. Durant les tests, ma moto était l’une des plus rapides, et ensuite nous avons rencontré des problèmes ce week-end. Je veux savoir pourquoi ma moto était plus lente que les autres.”

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Satisfait de la performance qu’il a pu livrer pendant le week-end, Petrucci avait logiquement un sentiment d’inachevé en ne marquant que les points de la sixième place. Un bilan mitigé donc, pour son premier Grand Prix en tant qu’officiel.

“Le fait d’avoir été premier au warm-up et en EL4, ça n’était pas dû au hasard, j’ai tout le temps été assez rapide. Mais en tournant seul”, précise-t-il. “Et maintenant j’ai compris que pour rester devant, il valait mieux avoir une moto très stable au freinage, qui permette de freiner fort et de dépasser. Mon plus gros souci a été que je n’arrivais pas à dépasser. Quand je roulais seul je revenais sur les autres, mais j’étais là à me demander où j’allais les passer.”

“Je retiens que j’ai plutôt bien géré les choses, à part quand ça comptait, quand il fallait choisir les pneus. J’avais cependant de bonnes informations pour faire ce choix. Malheureusement, si j’avais été en première ligne, peut-être que j’aurais pu partir devant et dicter mon rythme. Par contre, en étant derrière, à certains moments pendant la course on était vraiment tous groupés parce qu’on attendait les derniers tours, mais si tu n’arrives pas à dépasser tu restes derrière dans le groupe. Je pense surtout que mon pneu avant a surchauffé et c’est dommage.”

Petrucci va à présent disposer de trois semaines pour tirer les leçons de cette première course au guidon de la GP19, avant la tenue de la prochaine manche en Argentine.