Quatre années après avoir quitté le Moto2, Jordi Torres a fait son retour en Grand Prix pour intégrer le team Avintia, privé de Tito Rabat, blessé. L’Espagnol a débuté dans la catégorie reine en Aragón, où il a terminé dernier de la course à 59″5 secondes du vainqueur.

En Thaïlande, pour ce qui ne constituait que sa deuxième expérience au guidon de la GP16, l’Espagnol a terminé à la 19e place, devant Thomas Lüthi, Pol Espargaró (qui récupère encore d’une blessure) et Takaaki Nakagami, qui a fini la course en dépit d’une chute en tout début d’épreuve. Mais le plus intéressant est de voir l’écart qui a séparé cette fois-ci Torres du vainqueur, Marc Márquez, à savoir 39 secondes.

En dépit du fait que Rabat donne le meilleur de lui-même pour faire son retour à la compétition le plus tôt possible, celui-ci va cependant devoir une nouvelle fois céder sa place lors du Grand Prix du Japon. Torres va donc poursuivre l’aventure avec Avintia pour encore au moins un week-end supplémentaire.

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Il s’agira donc pour lui de continuer à capitaliser sur tout ce qu’il a appris de la catégorie reine en deux épreuves. Or, s’il s’est montré satisfait du travail effectué en Thaïlande, Torres a eu la sensation qu’il aurait pu faire encore mieux. Cependant, il était bien obligé de reconnaître que le fait de terminer devant des pilotes comme Lüthi ou Pol Espargaró méritait d’être souligné.

“C’est vrai que Pol a encore sa blessure et que c’est un désavantage pour lui”, a reconnu Torres. “Cela a été très intense pour moi car j’ai dû contrôler plein de choses que je n’avais jamais eu à faire dans ma vie, comme la gestion du carburant, les changements de cartographie pour arriver à la fin de course, les réglages au niveau des gaz pour ne pas gâcher de carburant.”

“Ce sont beaucoup de choses qui monopolisent votre attention, et qui vous empêchent d’avoir l’esprit suffisamment libre pour avoir un comportement naturel. Tout est très mathématique, calculé, je suis devenu froid et calculateur. Il faut parvenir à un mélange des deux, qui vous soit plus naturel, plus inné, plutôt que d’inventer un comportement pour répondre à ces exigences.”

Des progrès évidents

Quoi qu’il en soit, les progrès aperçus entre la première et la deuxième course sont évidents, et l’équipe se montre satisfaite de l’apport du débutant. “J’espère que c’est le cas, mais il y a beaucoup de choses à apprendre, la situation me bouscule, cela me fait avancer, c’est comme un train qui me pousse à 300 km/h. J’essaie de garder mon sang-froid comme je peux, mais je ne me sens pas totalement fluide, je suis un peu bridé, je ne contrôle pas ma position sur la moto, j’ai le dos très enfoncé.”

“Il y a beaucoup de choses, mais je m’amuse, l’équipe m’aide beaucoup dans tout ce que je fais, et je crois que l’évolution se fait de manière correcte”, poursuit Torres avec son aisance habituelle, au micro de la chaîne MovistarTV. “Il est clair que tout va très vite. Un week-end, c’est finalement très peu de tours en piste, mais je m’amuse quand même et tout se passe très bien.”

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Comme annoncé lundi, Torres sera donc de la partie au Japon pour disputer sa troisième course en MotoGP. “Lors de la prochaine course, j’aimerais me battre avec Xavier Siméon, c’est mon coéquipier [le Belge dispose d’une GP17, ndlr], et c’est donc l’ennemi numéro 1, et j’en suis très proche. Il ne m’a pas manqué grand chose, je me suis approché plusieurs fois mais je n’ai pas osé mettre la roue.”

“Si j’en avais eu le courage, alors j’aurais pu créer un choc mental pour lui faire faire un peu plus d’erreurs. Mais je n’ai pas eu le courage de le faire, peut-être que je ne me suis pas senti suffisamment prêt, mais nous avons cette prochaine course à Motegi, et je n’ai pas d’autre épreuve entre les deux”, souligne Torres, qui s’est séparé de MV Agusta en Superbike. “C’est donc dans cet état d’esprit que je vais aller au Japon, et j’espère pouvoir y ‘mettre la roue’. Même si je reste derrière, je serai satisfait si je pouvais lui passer devant quelques fois. Je suppose que si je le dépasse je saurai alors quel comportement il faudra adopter dans ce cas-là. Je ne sais pas, il y a mille choses qui me viennent à l’esprit.”

Avec Willy Zinck