Le marché des transferts MotoGP aura décidément réservé quelques grosses surprises cette année, et particulièrement au cours des deux derniers mois. Qui aurait pu parier que Jorge Lorenzo se verrait montrer la porte chez Ducati juste avant de commencer à gagner, qu’il rejoindrait Honda pour faire équipe avec Marc Márquez et que Dani Pedrosa, sur la touche, finirait par refuser la Yamaha initialement envisagée pour le Majorquin ?

Le jeu de chaises musicales autour de ce guidon très convoité prend fin à présent avec l’officialisation de l’arrivée de Fabio Quartararo, mais aussi de Franco Morbidelli, au sein d’une équipe qui se chargera d’aligner les deux M1 jusqu’ici confiées à Tech3.

Et c’est Lin Jarvis, le directeur exécutif de Yamaha Racing, qui a vendu la mèche sans publication de communiqué officiel, au cours d’un entretien accordé au site officiel du MotoGP. Le Britannique a d’ailleurs expliqué que Yamaha n’avait pas été au fondement de cette décision. “Je ne dirais pas que nous n’avions pas notre mot à dire dans le choix des pilotes, mais en fin de compte, c’est à l’équipe satellite de prendre la décision, c’est une formation indépendante”, a-t-il ainsi nuancé.

“Bien sûr, tout pilote doit finalement être approuvé par nous pour être sûr qu’il est à la hauteur et qu’il a la capacité d’évoluer sur une M1. Ils ont donc choisi de prendre Morbidelli, qui est un pilote très intéressant pour nous, qui est champion du monde, qui est de l’Académie VR46 et qui a certainement du talent. Je pense qu’il fera mieux sur la M1 que sur sa moto cette année.”

Johann Zarco, en partance pour KTM, ne sera donc pas le seul à défendre le drapeau tricolore l’an prochain en MotoGP ! Son jeune compatriote de 19 ans sera également de la partie, heureux élu de la structure en cours de formation suite à l’association du Ángel Nieto Team, Yamaha, Petronas et SIC.

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Arrivé en Championnat du monde depuis 2015 grâce à un changement de règlement permettant de débuter avant 16 ans lorsque l’on a, comme lui, dominé le CEV, le jeune Niçois se voit ainsi récompensé de sa courbe de progression, laquelle a amorcé une trajectoire exponentielle très récemment, grâce à une victoire (sa première sur la scène mondiale) lors du Grand Prix de Catalogne Moto2, mi-juin. 

Un résultat qui ne semble pas être un coup d’éclat, puisque Quartararo, désormais plus à l’aise sur sa machine, a enchaîné lors de la manche suivante sur une deuxième place. Ces bonnes performances lui permettent à présent d’occuper la neuvième place du championnat, à plus d’une centaine de points néanmoins que les deux hommes de tête, Pecco Bagnaia et Miguel Oliveira, eux aussi promis au MotoGP l’an prochain.

Un talent qui a pris du temps pour éclore 

Quartararo n’a pas 20 ans, pourtant il revient déjà de loin. Ses débuts dans la catégorie intermédiaire, l’an passé, ont été difficiles, avec une lointaine 13e place finale au championnat alors qu’il évoluait pour le compte du team Pons HP40, bien peu aidé, il est vrai, par une fracture du poignet survenue au départ du Grand Prix d’Autriche, en milieu de saison. Passé chez Speed Up cette année, le Français a pris du temps pour voir ses résultats réellement progresser, n’obtenant qu’une huitième place au Mans comme meilleur classement avant de connaître un véritable déclic à Montmeló.

Un parcours qui n’a pas effrayé Jarvis : “Dans le cas de Franco, il n’y avait aucun doute dès le début. Dans le cas de Quartararo, disons qu’il est un débutant, mais je pense qu’il est jeune, qu’il a 19 ans et qu’il est clairement talentueux”, reprend-il. “Il s’est perdu peut-être pendant un an ou deux, mais il montre qu’il est prometteur cette année encore, et je pense qu’il pourrait être l’un grand talent à l’avenir. L’exemple de Syahrin montre que parfois on peut faire un choix, et si le gars est talentueux, il peut réaliser de belles performances . Donc nous sommes plutôt à l’aise avec ce choix.”

L’an prochain, il fera donc équipe avec Franco Morbidelli, actuellement en tête du classement des rookies MotoGP face à quatre autres débutants. Membre émérite de la VR46 Riders Academy, il reçoit sans compter les éloges de Valentino Rossi et est devenu le premier de ce groupe à remporter un titre en Grand Prix (l’an dernier en Moto2) puis à accéder au MotoGP. Engagé avec Marc VDS, qui était également son équipe dans la catégorie intermédiaire, l’Italo-Brésilien n’a manqué les points qu’une fois cette saison − à l’exception de son forfait en Allemagne − et obtenu pour meilleur résultat à ce jour une neuvième place à Jerez. Il s’est également illustré en étant le seul rookie à ce stade de la saison à avoir accédé directement à la Q2, sans en passer par la Q1, au Mugello.

Initialement sous contrat avec Marc VDS pour cette saison et la suivante, Morbidelli trouve ici une solution de secours idéale face aux profonds problèmes qui secouent l’équipe belge depuis plusieurs semaines et qui ont conduit au départ de son directeur, Michael Bartholemy.

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Si le premier guidon de la future équipe satellite Yamaha a semblé acquis de longue date pour Morbidelli, plusieurs pilotes ont été en lice pour le second, parmi lesquels Jorge Lorenzo puis Dani Pedrosa, dont l’annonce du départ à la retraite en fin de saison, en marge du GP d’Allemagne, était un signe annonciateur du recrutement de Quartararo. Cette officialisation du Français sonne en revanche le glas des espoirs de Bradley Smith ou encore d’Àlvaro Bautista, dont les options sont réduites à peau de chagrin.

Les pilotes officialisés en MotoGP pour 2019 :

* Constructeur à confirmer