Le pilote malaisien a su séduire le directeur de Tech3, mais chaque chose en son temps : il souhaite parfaire son adaptation au MotoGP avant de se projeter sur l’avenir.

Hervé Poncharal ne s’en cachait pas à l’entame de la saison européenne, à Jerez : un line-up Oliveira-Syahrin pour 2019 pourrait être une option tentante pour Tech3. La première case est cochée, puisque le pilote portugais a obtenu son ticket pour la catégorie reine, où il continuera à défendre les couleurs de KTM après avoir déjà couru pour la marque autrichienne en Moto3 et Moto2.

Reste désormais à définir l’identité du second pilote de l’équipe de Bormes-les-Mimosas. Hafizh Syahrin a beau avoir convaincu le team manager depuis ses débuts au Qatar, le second guidon ne lui est pas encore promis. C’est d’autant plus le cas si l’on considère que Bradley Smith, exclu de l’équipe factory, reste une option envisagée par KTM pour réintégrer Tech3 tel que l’indiquait Pit Beirer en Espagne.

En attendant que la situation s’éclaircisse, le Malaisien, lui, tente de se protéger de toute pression liée à un avenir qui lui paraît encore lointain à ce stade de sa très jeune expérience en catégorie reine. L’essentiel, à ce jour, reste de s’adapter à une moto dont il a encore beaucoup à apprendre et de confirmer de premiers pas encourageants.

“Le patron m’en a parlé, mais je ne veux pas me mettre de pression. J’essaye de faire de mon mieux [pour] mon équipe, ils me fournissent la meilleure moto et j’essaye de donner le meilleur pour eux”, indiquait Syahrin en marge du Grand Prix d’Espagne, le quatrième qu’il disputait en MotoGP, catégorie qu’il a rejointe au pied levé pour remplacer Jonas Folger.

“Tous les pilotes veulent être en MotoGP, mais pour le moment rien n’est fait et je me concentre sur mon travail avec l’équipe”, ajoutait-il auprès du site officiel du MotoGP. “Je veux donner le meilleur de moi-même et montrer ce que j’ai, et je ne veux pas faire peser ce stress sur mon esprit et ma concentration. On verra dans quelques courses. Je veux être le meilleur avec l’équipe, parce que cette équipe est comme une famille. Je veux rester chez Tech3.”

Bien que blessé dans une récente chute de vélo, Hafizh Syahrin a tenté de s’en tenir à sa ligne en Espagne et de donner le meilleur de lui-même. Il a cependant manqué les points pour cinq secondes et a donc glissé à la 16e place du championnat, où son score reste fixé sur neuf points récoltés au Qatar et en Argentine, avec à ce jour un abandon pesant dans la balance, au Texas.

Avec encore beaucoup de cases à cocher dans son parcours personnel, Syahrin ne se projette pas sur ce que pourrait représenter le fait de rester chez Tech3 l’an prochain, et donc de devoir découvrir une autre moto, la KTM RC16. Chaque chose en son temps…

“Cette année, je suis arrivé un peu tard”, rappelle-t-il. “J’ai manqué trois ou quatre tests. Je n’en ai fait que deux avec la Yamaha et j’ai commencé à courir. C’est la sixième fois que je suis sur la moto [à Jerez, ndlr], les autres rookies en sont peut-être à plus de dix, mais si je travaille dur et si j’essaye d’investir mes efforts et ma motivation, alors je pense que je peux y arriver et que je peux essayer de comprendre la Yamaha et, l’année prochaine, la KTM. C’est impossible à dire pour le moment, parce qu’on est trop tôt et j’essaye de travailler dur pour comprendre la situation.”

Ce qu’il faut retenir du GP d’Espagne :