À l’abord du Grand Prix de France MotoGP 2018, entretien avec celui que des dizaines de milliers de supporters rêvent de voir célébrer sa première victoire au sommet, chez lui.

“Ici, c’est chez moi !” Le ton est donné par Johann Zarco, dans la vidéo promotionnelle réalisée par le promoteur du Championnat du monde MotoGP. Le pilote français l’annonce clairement : alors qu’il arrive en position de chasseur au championnat du leader Marc Márquez, Zarco vise le premier succès de sa carrière MotoGP sur ses terres, au Mans. Impressions du principal intéressé sur le sentiment d’arriver en terre promise.

Comment s’est passée la gestion de cette semaine précédant le week-end du Grand Prix de France ?

La semaine est passée vite ! J’ai bien dormi mais chaque matin j’avais du mal à me réveiller, comme si je voulais dormir davantage. J’ai quand même réussi à reprendre de l’énergie. Le fait de faire la course en Espagne et d’enchaîner sur des journées d’essais, on sent toujours que le corps se fatigue un peu plus. Mais comparé à d’autres, je ne suis pas allé au Mugello, j’ai donc eu un peu plus de récupération. Je suis prêt, en forme, et simplement attentif au fait de faire les bonnes choses au bon moment pour bien gérer la moto.

Quelles sont les émotions en revenant sur les lieux du premier podium en MotoGP ?

C’est un souvenir génial de l’an dernier et je pense que si je n’avais pas répété de podiums depuis, j’arriverais avec beaucoup plus de pression et d’attente sur ce circuit ! Le fait d’avoir été compétitif et souvent sur le podium [depuis le début de saison] sauf à Austin, cela rend le podium ou la victoire ici au Mans peut-être pas comme une normalité, mais en tout cas un objectif très raisonnable, et cela permet de diminuer la pression.

Y a-t-il des endroits du circuit où l’on peut entendre le public ?

Sincèrement, on entend difficilement. Mais si ça se met à bouger, que les gens se lèvent, on peut percevoir une marée noire, que ce soit dans la ligne droite des stands, ou avant les esses bleus, quand on sort du Chemin aux Bœufs. Là, il y a cette colline, qui en général est verte… Et là elle devient toute noire !

Tu apprécies le Circuit Bugatti ?

C’est un circuit que j’apprécie surtout par rapport à la moto, qui fonctionne très bien ici. J’ai pu découvrir cela l’an dernier. Arriver avec trop d’attentes, en se disant que la moto fonctionne bien et “qu’il faut aller vite”, c’est une pression supplémentaire. Mais quand il fait beau, il y a de belles enfilades. La moto, les pneus : tout colle bien, et le circuit devient très plaisant.

Quel est le sentiment prédominant ? La confiance du début de saison, ou la pression de jouer à domicile ?

La confiance du début de saison, il faut prendre la partie positive ! La pression, il faut plutôt la prendre comme une bonne occaz’ [sic] du fait que les gens puissent me soutenir. Cela peut même mettre de la pression sur les autres ! Mais voilà : j’ai été prétendant au podium sur plusieurs courses, donc ici au Mans… tant qu’on n’a pas la preuve du contraire [de l’impossibilité de jouer la victoire, ndlr], alors il ne faut pas se gêner.

L’image de la moto en France évolue avec toi…

Il faut se servir de ça, on peut développer une belle image de la moto. Le grand public ne connaît pas suffisamment la moto et la critique beaucoup trop. Je pense donc être dans une bonne position pour montrer que c’est un super sport, et que nous ne sommes pas des brutes ! Donc en gagnant, ce sera beaucoup plus facile de transmettre ce message !

Quel fut le chantier des tests de Jerez ?

C’était essentiellement de la mise au point avec l’équipe : on n’avait pas de pièces à essayer sur la Yamaha. On avait certains réglages qu’on n’avait pas pu essayer durant le week-end et donc on a continué à régler la moto. Guy [Coulon] était heureux, moi aussi, donc j’étais content. C’est bon signe, à la fois pour mieux connaître la moto et se préparer pour ici.

Propos recueillis par William Zinck, au Mans