La journée de test menée lundi à Jerez a permis à Aprilia d’identifier la cause de la contre-performance de Maverick Viñales pendant le Grand Prix. Vainqueur triomphal deux semaines plus tôt au Texas, l’Espagnol n’a en effet pu obtenir que la neuvième place de l’épreuve de Jerez, à plus de 11 secondes du vainqueur.

“Je pense qu’il nous a manqué quelque chose pendant le week-end”, indiquait Viñales lors d’une rencontre avec les journalistes à la mi-journée, lundi, expliquant sa volonté de comprendre “ce qui se passe entre les motos A et B”. Et après avoir repris la piste, il a expliqué qu’un problème sur l’une de ses deux motos avait été découvert, ce qui a permis de faire la lumière sur cette étonnante baisse de forme.

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Aprilia avait initialement suspecté un problème de frein avant sur la seconde moto de Viñales à Austin, qui a ensuite été réparée. Seulement, après sa chute lors de la course sprint de Jerez, le pilote est repassé à cette machine et s’est trouvé à nouveau confronté à des difficultés au freinage.

“Il y a une différence entre les motos A et B. Malheureusement, j’ai fait la course avec la moto avec laquelle je ne me sens pas compétitif”, a-t-il indiqué, précisant : “Ça n’est pas que je l’aime moins, c’est qu’on a découvert [quelque chose] aujourd’hui.”

“Je suis tombé avec la moto A samedi, alors par sécurité, on a choisi la moto B. Mais pour être honnête, on n’a pas réalisé qu’elle ne fonctionnait pas. J’ai dit ce week-end et aussi à Austin que je ne m’arrêtais pas bien avec la moto B. On avait fait le lien avec un problème de frein avant et au final, ce n’est pas un problème de frein avant.”

“Aujourd’hui, on a plus ou moins découvert de quoi il s’agissait et elles fonctionnent désormais d’une manière similaire. C’est donc un énorme pas en avant pour l’avenir, car en course, j’aurais pu être beaucoup plus rapide. C’est une chose à laquelle il faut qu’on soit attentifs. À chaque course, on va apprendre de plus en plus et l’équipe sera mieux préparée.”

Les Aprilia officielles pendant la journée de test de Jerez.

Les Aprilia officielles pendant la journée de test de Jerez.

Photo de: Lorenza D’Adderio

D’après les explications données par Viñales, on peut supposer que le problème en question portait sur l’usure de la pièce due à sa forte utilisation. “Je pense que oui, que c’est un problème d’usure. Je ne sais pas exactement, mais c’est très possible”, a-t-il indiqué, appelant à un meilleur contrôle qualité au sein de l’équipe, d’autant que cette défaillance rappelle celle de Portimão, où sa boîte de vitesses avait cassé alors qu’il était deuxième de la course.

“Depuis le Qatar, je me plains que cette moto a un problème de frein, et au final c’est une pièce mécanique. Ça ne peut pas se voir sur la télémétrie, c’est microscopique, mais par moments c’est énorme. Les gars l’ont remarqué tardivement, mais on l’a localisé. Maintenant j’ai deux motos identiques, avant j’en avais une qui me plaisait et une qui ne me plaisait pas, ça me limitait”, a ajouté le pilote espagnol, convaincu que cette découverte va permettre de faire un grand pas en avant lors des prochaines courses.

Le besoin de stabiliser les performances

“C’est quelque chose qui doit nous alerter pour que nous vérifiions les moindres détails”, a ajouté le pilote espagnol, saluant “la tranquillité d’esprit” que cette découverte apporte tant à lui qu’à son équipe technique.

Avant cette contre-performance dans la course principale, Viñales avait chuté pendant le sprint, comme de nombreux autres pilotes. Le matin, alors que la pluie avait chamboulé les qualifications, il ne s’était qualifié qu’en 11e position, à 1″8 du poleman. Avec le recul, il ignore si ce résultat était le fruit des conditions ou de cette même faiblesse mécanique.

“Notre objectif est de concevoir une moto avec laquelle je puisse être super rapide et, actuellement, on l’a. Vendredi, j’étais deuxième, sous le record du tour. Il faut qu’on continue comme ça. Pour moi, il s’agit surtout de ne rien manquer. Il faut qu’on soit un peu plus attentifs aux choses, qu’on essaye de ne pas faire d’erreurs, car ça nous coûte cher.”

“Sur le mouillé, j’avais aussi roulé avec la moto B, donc on ne sait pas si c’était le même problème que celui que j’ai eu sur le sec. Maintenant, c’est un gros mal de crâne pour les prochaines séances sur le mouillé ! Mais pour le reste, je sais qu’en termes de potentiel, on est dans le coup. J’ai hâte d’être au Mans.”

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Romano Albesiano partage le sentiment de son pilote quant au besoin de veiller au moindre détail, avec pour finalité de stabiliser les performances des Aprilia. “D’une manière générale, je suis satisfait de la performance, mais nous devons réussir à mieux gérer les situations variables comme ici, car ici nous nous sommes gâché le week-end avec les qualifications”, estime le directeur technique.

“Je savais que les prévisions annonçaient de la pluie pour samedi matin et les qualifications, et il faut que nous arrivions à mieux gérer ces choses-là. Si cela avait été un week-end stable, serein, et sans doute même entièrement mouillé, nous serions probablement montés sur le podium ou nous nous serions battus pour. Ce que nous devons trouver, c’est donc la constance dans les prestations. À mon avis, la performance en elle-même est très bonne.”

Avec Germán Garcia Casanova