Bagnaia change radicalement son approche avec la Ducati GP25

Pendant que Marc Márquez caracole en tête du championnat avec la Ducati, le même modèle 2025 pose des difficultés à Pecco Bagnaia, en manque de sensations au freinage et en entrée de courbe. Bien qu’il note de petits progrès depuis quelques courses, l’Italien maintient que les différences sont perturbantes après avoir connu la GP24 la saison passée.

En conférence de presse après le GP des Pays-Bas, il a été demandé à Bagnaia s’il pensait que Márquez s’était mieux adapté à la GP25 parce qu’il n’avait pas les références de la moto de la saison passée, puisqu’il pilotait la GP23. “Oui”, a immédiatement répondu Bagnaia, avec une spontanéité qui a fait sourire Márquez. Le double champion du MotoGP a plusieurs fois avancé cette idée ces derniers mois, tout en ne pouvant que constater la capacité de Márquez à s’accommoder de son matériel.

“Marc, il pourrait piloter un tracteur et il serait quand même compétitif !” résumait ainsi Bagnaia pendant le week-end du GP de France. “Pas moi, j’ai besoin d’être plus en confiance avec la moto en général, mais surtout avec l’avant, et à l’heure actuelle j’ai du mal.”

Interrogé sur le manque de sensations de Pecco Bagnaia en prélude du GP des Pays-Bas, Marc Márquez a insisté sur cette nécessité de pouvoir s’acclimater à toutes les circonstances, avec des propos qui donnaient l’impression d’une petite leçon pour son coéquipier.

“Je me sens bien, à l’aise”, expliquait Márquez. “Il est évident que les motos de compétition ne sont jamais parfaites. Il faut s’adapter à différentes situations qui font qu’on n’a jamais les mêmes sensations sur la moto. Même au Mugello, les sensations changent entre le samedi et le dimanche, et elles changent également entre le matin et l’après-midi.”

Marc Marquez, Ducati Team

Marc Márquez

Photo de: Ducati Corse

“Quand j’étais enfant, quelqu’un qui n’est plus là m’a dit qu’avec une moto de compétition on aura toujours des mouvements, toujours des problèmes parce qu’on pousse la moto à la limite et qu’il faut ensuite s’adapter.”

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Après avoir essayé toute une série de changements sur sa moto sans bond en avant spectaculaire, Bagnaia est désormais prêt à revoir son approche. Constatant qu’il ne pourra pas adapter la moto à son pilotage, il tente désormais d’adapter son pilotage à sa moto, et sent qu’il y arrive petit à petit.

“Entre l’Aragón et maintenant, on a retrouvé les performances que j’avais dans les premières courses”, a souligné Bagnaia, ravi d’avoir mis fin à un passage à vide : “J’ai juste perdu beaucoup de confiance au Mans et à Silverstone, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Après les deux ou trois derniers Grands Prix, la course en Aragón, le Mugello, [Assen] a été la meilleure de la saison.”

“J’ai pu attaquer, j’avais un très bon rythme en pneus usés, donc la confiance est en progrès mais l’ADN d’une moto est difficile à changer. J’ai essayé de changer d’approche et de ne plus essayer de changer la moto. On peut faire des erreurs en faisant ça et c’est plus simple de s’adapter à ce que l’on pilote, d’essayer de s’adapter.”

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Pecco Bagnaia

Photo de: Ducati Corse

“Ce n’est pas facile pour moi parce que j’ai besoin de beaucoup de stabilité quand je relâche les freins et c’est plus difficile avec cette moto mais on progresse, donc j’espère que dans deux ou trois courses, je me sentirai enfin bien.”

Bagnaia a une nouvelle fois décrit ses soucis, avec une incapacité à bien aborder les virages qui a des conséquences jusqu’à la phase d’accélération : “Je sens que j’ai du mal au freinage et en entrée de courbe avec cette moto. [Assen], ce n’est que du freinage et de l’entrée, parce que les virages sont tous rapides.”

“Mes difficultés font que je ne ralentis pas la moto quand et où je le veux et je dois laisser la moto sortir un peu large, sans être à l’endroit idéal pour accélérer. J’ai juste du mal mais on progresse séance après séance. Après dix courses, on en est encore là donc il faut juste faire des progrès en course.”

“Cette saison, quand je suis quelqu’un, l’avant de la moto secoue beaucoup, bouge beaucoup, et ce n’est pas simple”, a ajouté Bagnaia pour expliquer ses difficultés à doubler ses rivaux. “Quand on suit un pilote qui a un rythme très proche du sien, c’est plus difficile de réduire l’écart.”

Francesco Bagnaia, Ducati Team

Pecco Bagnaia

Photo de: Ducati Corse

Bagnaia a bel et bien noté des progrès lors des trois dernières courses, qui pourraient cependant être difficiles à confirmer au Sachsenring, où Márquez sera l’immense favori, fort de ses huit succès sur ce circuit en MotoGP. Lui-même dernier vainqueur en Allemagne, Bagnaia ne veut pas partir défaitiste.

“Maintenant, on va se rendre sur des pistes où Marc est super fort, comme le Sachsenring, mais on verra. […] Cette année il est super rapide sur des circuits où il avait du mal habituellement, et il a un peu plus de mal où il était super rapide – sauf en Aragón. On verra. Il faudra essayer d’être performant sur une piste où j’ai toujours été bon. On verra cette année.”

Avec Léna Buffa

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Vincent Lalanne-Sicaud

MotoGP

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