Toutes les équipes du MotoGP ont au moins une place libre en vue de la saison 2025 et attendent la décision de Ducati, qui doit désigner le futur coéquipier de Pecco Bagnaia, avec des conséquences attendues sur ses teams satellites et le reste de la grille. Aprilia a officiellement libéré un guidon avec la retraite annoncée d’Aleix Espargaró et KTM pourrait également tenter d’attirer l’un des pilotes qui ne sera pas retenu.

Les différents choix de Ducati pourraient voir Jorge Martín et Marc Márquez continuer à représenter la marque, dans l’équipe d’usine ou chez Pramac, mais l’un des deux pourrait aussi s’en éloigner, voire les deux si Enea Bastianini devait conserver sa place. Interrogé par Motorsport-Magazin.com, Pit Beirer a estimé que Ducati avait actuellement un “surplus de grands noms absolument exceptionnels” mais le patron de KTM Motorsports ne voit vraiment pas en Martín et Márquez des candidats potentiels pour ses motos.

L’Allemand a discuté avec Márquez l’été dernier, à l’époque où celui-ci cherchait un nouveau défi en MotoGP. S’il voit le sextuple champion de la catégorie comme un “héros”, il estime qu’il a trouvé ce défi chez Ducati. “Avec cette moto, il voulait retrouver le sommet et il y est arrivé”, a déclaré Beirer. “C’est pour ça que je ne le vois pas changer à nouveau de marque, ce qui impliquerait un tout nouveau départ pour lui. Marc est un pilote de course exceptionnel mais je ne pense pas qu’il serait réaliste de parler de son recrutement pour nous.”

Concernant Martín, KTM a un certain passif avec lui puisqu’il était lié au constructeur avant son arrivée en MotoGP, et que sa signature avec Ducati par le biais du team Pramac avait été mal vécue. De l’eau a coulé sous les ponts mais là aussi, Beirer l’imagine mal changer de crémerie : “Quand quelqu’un nous quitte, on le prend très personnellement parce qu’on met beaucoup de cœur et d’âme à l’ouvrage. Mais Martín a fait le bon choix pour sa carrière et maintenant il mène le championnat.”

Jorge Martin, Pramac Racing, Marc Marquez, Gresini Racing

Jorge Martín et Marc Márquez

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

“C’est pour ça que je ne veux pas spéculer sur Marc ou Martín, ce serait présomptueux. Les deux pilotes sont très bons en ce moment, ils sont sur des Ducati et ont très peu de raisons de changer de motos.”

Miller et Fernández doivent convaincre

Si Beirer imagine un certain statu quo chez Ducati, cela ne veut pas dire que la situation restera inchangée chez KTM. Brad Binder est sous contrat jusqu’à fin 2026 et Pedro Acosta, actuellement placé chez Tech3, semble aussi verrouillé pour la saison prochaine. Beirer décrit deux pilotes “fantastiques” et qualifie même Acosta de “diamant brut”, néanmoins il se montre bien moins élogieux envers Jack Miller et Augusto Fernández, tous deux clairement menacés en vue de la saison prochaine.

“Soyons honnêtes : les performances actuelles de Jack et Augusto sont un peu trop faibles pour une place en MotoGP, qui a une grande valeur”, a prévenu Beirer. “Nous pensons qu’ils ont encore du temps, mais pas beaucoup. Augusto et Jack n’ont pas à faire des pas de géant, mais ils doivent faire de petits progrès pour stabiliser le package. Cela reste mon souhait.”

Soyons honnêtes : les performances actuelles de Jack et Augusto sont un peu trop faibles pour une place en MotoGP, qui a une grande valeur.

Déjà agacé par les questions sur son avenir à Jerez, Miller est apparu sur la défensive lorsque le site du MotoGP l’a interrogé sur les propos de Beirer. “C’est comme ça”, a-t-il lâché, désabusé, ne souhaitant pas entrer dans ces débats : “Je ne me soucie que de ce week-end et du suivant. Pour le reste, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, je sais ce que j’ai apporté au projet et ce que je vais continuer à apporter jusqu’à la fin. Je suis dans un bon état d’esprit. Je vais tout donner, faire de mon mieux. Le MotoGP n’a jamais été aussi compétitif. C’est comme ça.”

Jack Miller, Red Bull KTM Factory Racing

Jack Miller

Photo de: Gold and Goose / Motorsport Images

“Je me concentre pour faire de mon mieux, engranger de bons résultats, de bons points et laisser les gens compétents négocier”, a ajouté l’Australien face aux journalistes. “C’est pour ça que j’ai Aki [Ajo] et d’autres personnes très bien autour de moi. Je leur confie ça et comme je l’ai dit, tout ce que j’ai essayé de faire, c’est ce que j’ai fait : travailler dur toute la semaine et essayer de renverser la situation. Ça n’a pas été facile jusque-là.”

Fernández ne s’est guère montré plus bavard sur le sujet mais ne s’est pas défilé et a reconnu que les courses en Catalogne et en Toscane, cette semaine et la suivante, seront décisives pour son avenir. “Je n’aime pas me mentir, on sait que ces courses sont très importantes pour nos carrières actuellement donc on va commencer par celle-ci”, a confié le pilote Tech3. “J’aime la piste, je me sens un peu mieux sur la moto donc on va tout donner pour décrocher un bon résultat ici et au Mugello.”

Des problèmes différents pour les deux pilotes

Pour corriger le tir, Jack Miller devra remédier à son manque d’adhérence dans certaines conditions, ce qui pourrait être difficile à Barcelone, un circuit réputé pour son faible grip. “Je croise les doigts ce week-end pour qu’on retombe un peu sur nos pieds, comme [au Mans]. On a eu une bonne vitesse tout le week-end mais dans le sprint et la course principale, on n’a pas réussi à maintenir la moto dans la fenêtre.”

“Pour moi, le plus important est de réussir à agrandir la fenêtre d’adhérence, parce que quand on a l’adhérence, la moto fonctionne vraiment bien mais dès qu’on sort un peu de cette fenêtre, disons, je commence à souffrir plus, c’est plus dur de faire les chronos, et dans l’ensemble, la constance n’est plus aussi bonne. On travaille dur, c’était une semaine chargée.”

“J’ai juste essayé de faire ce que je pouvais pour ces deux prochaines courses et j’espère que l’on pourra terminer cette partie de la saison avec des résultats acceptables. Je n’ai vraiment eu que la cinquième place à Portimão, ce n’est pas ce que j’espérais à ce stade de la saison mais c’est comme ça. Il faut faire avec, on va continuer à tout donner et faire ce que l’on peut.”

Augusto Fernandez, Tech3 GASGAS Factory Racing

Augusto Fernández

Photo de: Marc Fleury

Quant à Augusto Fernández, les difficultés se concentrent dans les virages rapides, qui étaient pourtant sa force par le passé. Il espère avoir trouvé des solutions au GP de France : “J’ai perdu ma façon naturelle de piloter dans les enchaînements rapides, les courbes rapides. J’ai perdu ça avec cette moto. [C’est] un manque de confiance, la moto bouge peut-être un peu plus, elle est plus souple.”

“Je n’arrive pas à trouver mon équilibre sur la moto mais […] on a progressé, on a aussi perdu quelques éléments : à Jerez, on pensait être plus proches mais on a en fait été plus loin. Au Mans, j’ai repris un peu de confiance et dans les secteurs 2 et 4, où c’est plus fluide – parce que Le Mans est une piste particulière, vraiment stop-and-go – et c’était comme si je retrouvais au moins mon pilotage.”

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