Christian Horner n’est plus le patron de Red Bull et les questions s’accumulent. Malgré la zone de turbulences traversée par le Britannique depuis un an et demi, et les difficultés sportives face à McLaren, son éviction a été perçue comme un séisme dans le monde de la Formule 1. S’il apparaît de plus en plus évident que son mandat de plus de 20 ans a été stoppé net par des luttes de pouvoir intestine, la vérité pourrait mettre du temps à éclater.
C’est ce que croit Mark Gallagher, qui a côtoyé Christian Horner dans les cinq premières années d’existence de l’écurie, quand il était l’un des dirigeants ayant participé à sa construction. Confiant être “resté en contact avec lui durant ces vingt années”, il estime que “le timing surprend beaucoup”.
“Red Bull n’a donné aucune raison aux médias pour expliquer cette décision”, observe-t-il dans une interview accordée à Betway. “Nous ne savons que ce qui est public, mais c’est un choc, et il y a beaucoup de commentaires à ce sujet, même si la plupart des gens, hormis ceux directement concernés, ne connaissent pas les détails. C’est donc difficile à comprendre, à moins qu’on ait plus d’informations à venir.”
“De manière générale, on ne remplace pas un directeur d’équipe, surtout un aussi performant que Christian, en plein milieu de saison parce que les résultats ne sont pas au rendez-vous. […] Christian n’est pas le concepteur de la voiture ni l’ingénieur, mais il est responsable de la performance globale de l’équipe. Ce sont des problèmes fréquents en Formule 1.”
“Je pense que c’est pour ça que l’attention se tourne vers la politique interne et l’avenir de Max Verstappen. Mais clairement, Christian Horner a été aussi choqué que tout le monde par cette décision. Je pense que nous ne connaîtrons peut-être jamais les raisons, et si on les apprend, Red Bull devra fournir une explication plus détaillée sur ce changement après 21 années incroyablement réussies.”
“Ce qui est perturbant cette semaine, c’est que beaucoup de commentaires sont basés sur un manque d’informations, donc on spécule, ce que je comprends. Ce n’est pas que dans les médias traditionnels, mais aussi sur les réseaux sociaux, où de nombreux influenceurs et créateurs de contenu, très importants aujourd’hui en F1, émettent des jugements sur Christian sans réellement le connaître ni connaître les faits, sauf les personnes directement impliquées.”
Un prochain défi… avec une autre image ?
Christian Horner rejoindra-t-il un autre projet en F1 ?
Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images
Mark Gallagher, qui a dirigé Cosworth après avoir quitté Red Bull en 2009 puis est devenu un consultant respecté dans l’univers de la Formule 1, sait à quel point il s’agit d’un “milieu impitoyable”. Néanmoins, en dépit de ses interrogations devant l’éviction de Christian Horner, il est déjà convaincu de le voir rebondir dans le paddock.
“Ce qui est certain, c’est que Christian Horner a une incroyable résilience et les épaules larges”, assure-t-il. “Ses 21 ans chez Red Bull lui donneront une position forte pour un futur rôle important en F1. Ce qui me surprendrait le plus, ce n’est pas qu’il quitte Red Bull après 21 ans, mais plutôt qu’il ne retrouve pas rapidement un poste de haut niveau dans le paddock.”
Pour Mark Gallagher, qui n’évoque pas l’affaire qui a éclaboussé Christian Horner début 2024 avant qu’il ne soit blanchi en interne, l’image qui véhiculée lorsqu’il était le directeur de Red Bull est souvent erronée mais répond à une logique de scénarisation de la F1.
“C’est difficile de comprendre pourquoi les médias le présentent ainsi”, s’interroge-t-il. “Christian a toujours défendu ses intérêts avec passion, il ne se retient pas, que ce soit pour protéger son équipe ou répondre à ses rivaux, surtout quand ils l’attaquent.”
“Ce n’est pas un secret, c’est public, et c’est devenu un aspect du spectacle de la F1, notamment avec la série Netflix Drive to Survive. Il y a de grandes personnalités comme Toto Wolff, Zak Brown, Christian Horner, et dans les médias, Christian est souvent présenté comme le ‘méchant’ car cela sert une narration qui ne correspond pas toujours à la réalité.”
“En F1, ça a toujours été le cas, même quand Ron Dennis dirigeait McLaren, il était vu comme une figure un peu intimidante. On colle toujours des étiquettes aux directeurs d’équipe, qu’elles soient justifiées ou non. Ron Dennis a eu beaucoup de succès, tout comme Christian Horner. Donc il est très différent de l’image que les médias donnent de lui, et je ne pense pas qu’ils le connaissent vraiment.”
Dans cet article
Soyez le premier informé et souscrivez aux alertes mails pour recevoir les infos en temps réel
S’abonner aux alertes de news