Passé le Grand Prix d’ouverture du championnat, au Qatar, où il avait figuré dans le trio de tête des deux courses, dans le format sprint comme long, Brad Binder n’a plus retrouvé les honneurs des trophées ni des médailles. Le Sud-Africain vient d’enchaîner trois Grands Prix lors desquels il s’est systématiquement classé dans les points, pourtant il a glissé dans la hiérarchie. En Allemagne, on ne l’a vu qu’en huitième et neuvième position sous le drapeau à damier (il était septième dimanche avant de perdre deux places dans le dernier tour), sans possibilité de prétendre se battre pour le gros lot.

Qualifiant le week-end d’“inattendu”, le team manager Francesco Guidotti n’a pas caché sa déception face au résultat global de l’équipe officielle KTM. “Nous pensions être dans le groupe de tête, mais cela n’a pas été le cas”, a-t-il regretté, alors que Jack Miller, sur la seconde machine, n’a pour sa part décroché que trois points.

Si l’Australien a déploré de grandes difficultés avec le côté droit de son pneu arrière, qui l’ont gêné de bout en bout de la course principale, Binder a quant à lui jugé ses sensations correctes. Problème, cela n’a pas suffi pour rivaliser avec les Ducati qui ont encore une fois affirmé leur supériorité sur ce Grand Prix en verrouillant le top 5 dimanche et en n’étant seulement troublées par l’Aprilia de Miguel Oliveira samedi.

“Il faut clairement qu’on trouve quelque chose parce que ceux qui étaient devant nous donnaient l’impression d’être dans une catégorie à part”, a avoué Binder après la course, au micro du site officiel du MotoGP. “C’est un peu l’histoire de ces dernières courses. Il faut qu’on essaye de trouver du rythme pour tenter de rouler avec eux.”

“Des changements radicaux”

Cette volonté de KTM de combler le retard pris au fil des semaines s’est traduite par de gros efforts sur les réglages de la moto. “On a obtenu des données utiles”, constate Binder, qui a vu les techniciens tenter un pari intéressant au warm-up. “La moto était bien meilleure, tout était beaucoup plus facile à gérer. Ensuite, on a encore fait un gros step pour la course, ce qui nous a aidés et apporté un peu plus de turning, avec une moto qui s’arrêtait un peu mieux”, décrit-il, tout en notant le chemin restant à parcourir : “Il nous manque toujours la capacité à emmener beaucoup de vitesse de passage par rapport aux autres. On n’a pas une super motricité en sortie de virage parce qu’on stoppe très fort [en entrée].”

“On a fait des changements radicaux et on a compris la direction à suivre pour essayer de garder la performance, particulièrement en course”, retient-il. Cela peut-il compenser le manque de développement qui semble s’être révélé ? “On n’a pas eu de mise à jour depuis longtemps, c’est sûr”, confirme le Sud-Africain, qui s’attache cependant plus au but recherché qu’à la manière d’y parvenir.

“Plus que tout le reste, je pense qu’on a surtout besoin d’une compréhension claire de la direction à suivre. On a beaucoup joué avec les équilibres ce week-end et on a fini par faire des choses qu’on n’avait encore jamais faites auparavant, qui n’ont pas vraiment de sens mais qui améliorent un peu la moto. Donc on a clairement besoin de comprendre un peu mieux les choses.”

Pour Francesco Guidotti, les efforts fournis ne sont manifestement pas suffisants. “Au moins aujourd’hui, nous avons fourni aux pilotes la meilleure version de la moto que nous avons eue ce week-end”, soulignait le responsable italien en quittant l’Allemagne. “Peut-être que nous avons été trop conservateurs vendredi. Aujourd’hui, c’était plutôt bien, mais ce n’était pas suffisant. Nous avons perdu trop de temps, mais pour l’avenir, nous avons des devoirs à faire.”

Ces devoirs passent par la piste, puisque Pol Espargaró est en test cette semaine, l’Espagnol à qui Binder donne pour mission de concocter “une fusée” en vue de la reprise début août. Mais le travail va de toute évidence aussi se mener dans les bureaux puisque Pedro Acosta, tout aussi frustré que son futur coéquipier, a décidé de passer plusieurs jours à l’usine afin de mettre à plat tout ce qui le questionne.

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