L’annonce de l’arrivée de Marc Márquez dans le clan Ducati avait créé des remous l’an dernier, d’aucuns s’interrogeant sur les répercussions que cela pourrait avoir sur Pecco Bagnaia, aujourd’hui leader du programme. Comment ne pas déséquilibrer la hiérarchie établie parmi les huit pilotes de la marque quand le plus gros palmarès de la grille arrive soudainement sur une moto satellite avec une envie clairement annoncée de retrouver son meilleur niveau ?

Il n’a pas fallu attendre bien longtemps avant de voir les deux hommes croiser le fer en piste. Et dès le deuxième Grand Prix de la saison, on a bien cru que le championnat s’annonçait électrique et la situation ingérable dans le groupe Ducati, car leurs chemins se sont rencontrés de manière chaotique, avec un accrochage ayant fait couler beaucoup d’encre à Portimão. Pour autant, l’Espagnol assure apprécier ces confrontations avec le double champion en titre, sans doute aussi car cela lui sert de référence alors qu’il s’est fixé des étapes dans le chemin qu’il a emprunté en quittant Honda pour Ducati.

C’est ainsi qu’il a expliqué après son podium à Jerez : “Comme je le lui ai dit à Portimão, pour moi c’est un plaisir de me battre contre le champion et celui qui est la référence chez Ducati. Aujourd’hui, encore une fois, j’étais à son niveau et je me suis battu contre lui. Et j’avais la vitesse pour essayer de le dépasser. Donc pour moi, c’est un plaisir d’apprendre de lui. Il a encore des points plus forts que moi, mais on va voir si à l’avenir j’arrive à m’améliorer un peu et à me rapprocher de lui.”

VIDÉO – Le résumé du Grand Prix d’Espagne

“Pour moi, le plus important ce week-end, c’est que la vitesse était là”, a voulu retenir le pilote espagnol après s’être incliné face à Bagnaia. “Le plus important, c’est que même avec ces cinq premiers tours dans lesquels j’ai perdu de nombreuses positions, j’avais la vitesse pour dépasser. J’avais la vitesse pour le rattraper alors que l’écart entre nous deux était de plus ou moins une seconde, et pour tenter un dépassement.”

“Malheureusement, dans les deux derniers tours, quand la température du pneu avant monte, on ne peut plus rien faire et j’ai eu des blocages à l’avant. Je n’ai pas complètement baissé les bras, mais je n’ai pas poussé plus fort pour me battre avec lui parce que le risque était trop élevé de connaître une troisième chute de suite en course.”

Trois ans après le duel d’Aragón

Ce duel a rappelé à beaucoup la lutte que les deux hommes s’étaient livrée en 2021, lorsque Bagnaia remportait sa première victoire en venant à bout de Márquez sur une de ses pistes fétiches, celle d’Aragón. “C’était il y a longtemps !” a souri l’Espagnol. “Malheureusement, ces trois dernières années, il s’est habitué à mener ces bagarres pour la victoire. Moi, c’était ma première réelle bagarre pour la victoire sur le sec au cours de ces deux dernières années.”

Pour Bagnaia, ces deux épisodes sont bien différents, et pas uniquement parce qu’il a pris du galon dans l’intervalle mais aussi car le scénario des courses n’a pas été le même. “Cette fois, j’ai pu garder un peu de marge pour les derniers tours”, a souligné l’Italien, “parce qu’en Aragón, on avait le même rythme et je crois que dans les derniers tours, il était un peu plus fort. Mais aujourd’hui, je crois que j’avais ce petit truc en plus pour les deux derniers tours.”

Questionné pour savoir s’il y avait entre eux plutôt de l’amour, de la rivalité ou du respect, Marc Márquez n’a pas hésité à exprimer un mélange de sentiments : “C’est du respect et de la rivalité.” Pecco Bagnaia a quant à lui décrit : “Pour moi, le respect est toujours le plus important. Quand il y a du respect, il y a du spectacle et de l’amusement. Sans respect, c’est impossible d’avoir de belles bagarres et de prendre du plaisir, selon moi.”

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